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La Culture burkinabé est en deuil depuis ce Jeudi 21 octobre 2010 avec la disparition tragique de l'artiste Musicienne Mélissa  Ilebou BADJATA . Djata ou encore "la vieille mère" était  âgée de 34 ans. Ce matin, à  l'annonce de la nouvelle, les artistes de tout registre confondu ont témoigné par leur présence à la morgue, leur plus grande compassion à l'artiste disparue. L'émotion était grande, mais la solidarité aussi… Dans tous les cas, Les artistes burkinabés, ont, à la morgue comme à la veillée, démontré un bel exemple de solidarité.
Que s'est –il vraiment passé ? retour sur les faits avec le témoignage de BEKY, également à bord du même véhicule...



Retour sur les faits avec BEKY
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"On est allée en prestation à ZINIARZE. Quand on a fini, comme tout le monde d'ailleurs, après le spectacle, Béky encore sous plâtre à domicile on aime s'amuser un peu. C'est après ça, que nous avons décidé de prendre la route. On a pris la route mais le conducteur (chauffeur) était un peu en vitesse. "la vieille mère"  lui dit : "va doucement parce qu'on est pas pressée… Et j'ai aussi répétée la même chose : " écoute, on n'est pas pressée parce personne de nous n'a un enfant à la maison à allaiter; donc, roulons doucement ! " . Bon !  je ne sais pas si  le conducteur nous entendait vraiment. En tout cas, il n'avait  pas l'air; puisqu'il continuait son allure sans appartement tenir compte de nos remarques. Puis, il a essayé un moment de doubler un véhicule. C'est là qu'il s'est retrouvé face à un obstacle. Il a tenté de l'esquiver mais malheureusement il n'a pas réussi à redresser son volant à tant. Et j'ai commencé à prier; " je dis bon… ! que Dieu sanctifie tous ceux qui sont cette voiture par le sang du Christ". Céline qui était assise juste à ma droite n'a même pas  eu le temps de dire "amen" que l'irréparable se produisit; soit environ, 3km seulement de la sortie de ZINIARE.  Voilà… !  Tout s'est arrêté à ce niveau.
Je rends grâce à Dieu. Là, j'ai la clavicule qui est cassée et j'ai mal. Le décès de mes amis aussi me fait encore plus mal. Paix à leurs âmes. Que la terre leur soit légère.
Je remercie les autorités, les collègues, le Maire Simon COMPAORE qui arrivé au moment même de l'accident parce qu'il partait à ZINIARE. Mais il a tout de suite annulé son programme pour s'occuper de nous en faisant venir les ambulances depuis Ouagadougou. Nous fûmes dans un premier temps  transportés à ZINIARE pour les premiers soins avant d'être évacués  au CHU de Ouagadougou où parents, amis, collègues et autorités administratives et politiques nous attendaient. Nos soins sont jusque-là pris en charge  par le BBDA (Bureau Burkinabé des Droits d'Auteurs ) . Je salue tout le personnel  du BBDA (du Dg jusqu'aux ouvriers) qui ne ménagent aucun effort pour s'occuper de nous. Ils n'arrêtent pas un seul instant de nous appeler ou de faire la navette pour s'enquérir de nos nouvelles. Je dis merci à tout le monde, à tout le peuple burkinabé et à tous les élèves !. C'est vrai qu'ils ne pouvaient tous rentrer me voir, mais je les voyais par ma fenêtre. Que Dieu bénisse tous et prions aussi pour ceux qui ne sont plus là !


Lire d'autres témoigages ici >


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... Djata ne pouvait -elle pas être sauvée ? la thèse du Docteur AKOTCHONGA
Vous savez dans les traumatismes crâniens, tant qu'on n'a pas un certain délai, on ne peut pas donner un pronostic. Comme disent les médecins, dans un tel cas, le pronostic est toujours réservé. Moi – même, en tant que médecin, j'ai eu de l'espoir un moment donné parce que le corps médical a usé de tout son pouvoir, de toutes ses connaissances pour la stabiliser. Malheureusement après…
Mais il parait qu'elle avait même commencé à ouvrir les yeux ….
Ah ! je ne pourrai pas vous le confirmer parce qu'hier, je n'ai pas eu l'occasion d'aller la voir en réanimation.
Selon les explications de Béky, sans pour autant que ce soit la même voiture, les passagers à bord pourraient être assis de la manière suivante dans la starlette : (voir croquis ci-dessous ) . cliquez sur l'image pour l'agrandir


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Légende :

Les passagers en rond rouge sont décédés.

1- le chauffeur
3 - Djata
Les Passagers en jaune ont été blessés
2 : Jacques Z
4 - Béky
5 - Céline


De nombreux amis et connaissances sont choqués
L'artiste musicienne, qu'Artistebf  appelait affectueusement  "la princesse Djata" a définitivement  fermé les yeux très tôt ce matin du 21 octobre 2010. Parents, amis, collègues, fans ou simples admirateurs ont   tous  exprimé  ce qu'ils avaient de plus douloureux au plus profond d'eux.
Comment ont-ils accueilli  cette nouvelle qui endeuille toute la culture burkinabé ?
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Soré Salfo Jah PRESS : Promoteur du Kundé
Avec beaucoup de tristesse. On avait une lueur d'espoir quand on disait qu'elle était dans le coma; qu'elle commençait à bouger. Malheureusement,  c'est une autre nouvelle qui est tombée. C'est dommage que la vie soit aussi cruelle. Djata avait pleins de projets avec son nouvel album qui devait sortir incessamment. Je la revois encore en train de rendre hommage à Jeanne BICABA décédée il y a quelques années.  Aujourd'hui, c'est au  tour de Djata  ! Bref ! Que la terre lui soit légère.



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Aminata DIALLO/GLEZ, Réalisatrice / Comédienne
En fait, je crois que Djata représente plusieurs symboles. Ce que je peux retenir d'elle, c'est sa persévérance : savoir qu'on peut partir de rien et être un jour au panthéon de l'histoire. C'est un aspect très important qui doit interpeller chacun de nous. Djata était une dame qui ne pleurait pas sur son sort. Elle était pleine d'espoir, confiante en elle-même malgré ce qu’on savait déjà d’elle : orpheline dès le bas âge, enfance donc difficile. Généralement, c'est au moment où on s'attend le moins, où on peut dire : " Ah ! Dieu merci ; parce que ça commence à aller maintenant" . C’est en ce moment  que malheureusement, la mort fauche. Mais si tel  a été ainsi son destin, je crois qu'il faut rendre grâce à Dieu ;  aider ses enfants à grandir et souhaiter qu’ils aient surtout longue vie afin qu’ils puissent perpétuer aussi longtemps que possible la mémoire de leur mère.
Du reste, comme on le disait si bien à la veillée, Djata laisse également derrière elle des œuvres de qualité. C'est dommage qu'habituellement  nous n'attendions qu'après la mort de quelqu'un pour faire ses éloges. Mais hier, de façon unanime, tout le monde à reconnu  que c'était l'une des meilleures voix féminines du Burkina Faso.

Lire l'intégralité de son interview ici >



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Papus ZONGO: Manager
(Très ému et profondément ébranlé) Moi je veux tout simplement dire que c'est dommage que ce soit au moment où l'artiste nous quitte, au moment où il nous fait sa révérence qu'on se rend compte de toute sa grandeur. C'est dommage ! Mais on retiendra que Djata fut une femme sincère, rebelle dans l'âme; c'est vrai ! mais aussi, avec  une émotion sincère. Auto-didacte, elle eut un parcours exceptionnel. Elle a gravit tous les échelons de la vie, je veux dire toutes les vicissitudes de la vie. Malgré tout, elle a tenu bon; avec une énergie déconcertante, elle a toujours marché la tête haute. Djata, c'est aussi celle qui sait transmettre la bonne humeur. Aussi, retiendrons-nous toujours d'elle des chansons comme BETARO, mais est-ce tout ? non ! Djata, s'il vous plaît, est plus que ça !; parce qu'elle a participer à plusieurs projets artistiques. Je fais allusion à CARVEL d'Irène TASSAMBEDO, au film "le TESTAMENT" d'Apolline TRAORE. Djata a été tout simplement une grande voix de la musique burkinabé, mais une artiste pluri-disciplinaires car Djata, c'est aussi la danseuse, c'est la comédienne, Djata, c'est  les planches. Que voulez-vous ? on dit tout simplement "Adieu vieille mère " ; Adieu l'artiste, Adieu Djata ! ! !!



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Cyr Payim OUEDRAOGO, Journaliste culturel à l'observateur paalga
A l'annonce de son décès, on avait d'abord pris des dispositions pour voiler la nouvelle à son entourage immédiat  afin de préserver le moral des uns et des autres.  Seconde précaution, nous avons délégué un de nos collaborateurs au niveau de l'hôpital pour être sûr de l'information qui circule à son sujet. En fait, Djata et moi sommes liés par une grande amitié. Elle est venue à mon mariage et à l'occasion, elle a même chanté gratuitement pour moi. J'étais l'une des rares personnes à qui elle confiait ses projets que ce soit  sentimental ou professionnel. C'est au Kiosque que nous nous sommes vus pour la dernière fois; c'est justement cette nuit-là qu'elle m'a parlé de son album en cours. Elle me dit "dès que ce sera prêt, tu auras la primeur" . La mort de Djata est vraiment une grande perte pour la culture burkinabé.



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Wendy (très perturbée) : Artiste Musicien
Je suis une collègue et  une sœur de Djata si je peux m'exprimer ainsi. Ce que nous vivons en ce moment est  inqualifiable ! Nous sommes dans une profonde douleur. Djata était une personne très humaine, très ouverte, qui ne sait pas faire des combines. Les mots me manquent…,  mais j'exhorte tout le monde à plus de solidarité et à plus d'amitié. C'est le plus important sur cette terre. La mort de Djata doit nous interpeller tous et nous faire réfléchir car nous ne savons pas qui sera le prochain. Que son âme repose en paix.



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FLOBY : Artiste Musicien
C'est un talent et une reine de la musique burkinabé.que nous venons de perdre comme ça; c'est Toute la famille artistique est  accablée en ce moment. Nous souffrons au plus profond de nous, nous souffrons de toute notre chaire. C'est très regrettable !. " Vieille mère" ! , on est toujours ensemble ! Que Dieu t'accueille à bras ouverts.



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Walib BARRA : Manager
Tout remonte en 1998 où elle venait de produire son premier album. Quand je l'ai écouté la première fois, j'ai tout de suite découvert une voix assez singulière, Je voyais déjà en elle une "Myriam MAKEBA" qui se dessinait à l'horizon. Seulement elle avait un handicap: le niveau d'instruction. A ce sujet, je vous raconte une anecdote Djata, quoi qu'on dise, est une artiste qui avait de la vision. (…) Elle m'a dit un jour : " Walib, je veux que tu me manages". Mais avant ce travail, je souhaite que tu sois d'abord mon professeur de maison parce que mon niveau d'instruction est faible. Notre collaboration a donc ainsi démarré. Lorsque je suis passé pour le premier cours, je l'ai trouvée avec son copain. Je lui dis : "Djata, si tu veux que nos cours avancent bien, il faut arrêter de voir tes copains. Elle me réplique :
Ecoute Walib, Une femme, une star comme moi Djata, doit se reposer sur les épaules d'un homme. Alors si tu ne veux pas de ça, va te faire foutre, toi et ton cours !." Les cours se sont effectivement arrêtés là. C'est direct et c'est franc; Djata avait un franc parlé.  Sa mort constitue une grosse perte pour la culture. Elle a juste produit 2 ou 3 albums, mais je crois qu'elle méritait mieux si nous, managers, avions pris soins d'elle.




 


Comments

will return soon

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01/27/2012 14:40

is quickly

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03/23/2012 23:46

Fine article dude

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05/19/2012 08:08

will come back before long

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06/25/2012 13:36

Google linked me to this page, nice reading

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09/25/2012 00:53

Great info, thx

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09/01/2013 09:33

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